L’année 2010 promet d’être riche en évènements franco-japonais!!! Commençons par cette soirée au Vauban à la croisée des chemins entre technologie, art et multimédia…
Au programme, dans une ambiance plutôt zen, rétroprojection d’un récent voyage au Japon (Novembre 2009), dégustation de sushis concoctés par le Restaurant Hinoki, rencontres autant professionnelles que personnelles, identification des énergies vives et créatrices de notre territoire, des dynamiques artistiques, technologiques, culturelles prêtes à participer à la construction d’un pont économique durable avec le Japon.
Dans la tradition nippone, la pratique du nouvel an remonte au moins au 8ème siècle (période Heian). D’influence bouddhiste mais aussi shinto (animiste), les Japonais commencent par un grand nettoyage de leur maison en rite de purification. Puis le soir du 31 Décembre, à minuit, 108 coups de cloches résonnent des temples pour chasser les mauvais esprits…
De multiples plats sont cuisinés à l’avance pour être dégustés en famille jusqu’au 3 janvier (sanganichi). Présenté avec simplicité, chacun d’eux porte un sens bien précis : santé, prospérité, descendance, sacré, réjouissance… Les éléments de décoration finissent par être rangés le 7 Janvier pour une reprise complète des activités le lendemain…
La veille de cette virée du côté de Kamakura, je visite le studio d’un pro du son et de l’image rencontré lors du salon InterBEE en tant que démonstrateur de Vegas (logiciel de montage audio-vidéo) pour Sony.
Chez lui, parmi des dizaines de guitares en batterie, une K. Yairi de 1962 à conter parmi les plus belles révélations instrumentales du séjour au point que j’en achèterai une avant la fin.
Des blogothèques de Beirut, Sigur Ros en passant par mon Train Ztory, nous partageons les mêmes goûts pour un certain artisanat vidéo-musical… simple, authentique, original…
Un de ses court-métrages réalisé justement sur le thème de Kamakura (que nous visiterons le lendemain) s’inspire du film-concert à domicile Heima de Sigur Ros.
Une rencontre au gré de mes pérégrinations nippones qui confirme une fois de plus le sens de cette quête automnale : Reporter I.T. Arts et Médias, comme quoi, il y a toujours à voir ou à entendre quelque part, tant que le hasard s’en mêle…
Après le choc d’InterBEE, la vie nippone reprend son cours telle une feuille d’automne…
Résiste, s’accroche, lâche prise, puis virevolte, pour atterrir ou repartir au gré des courants.
(Re)commençons d’abord par cette virée du côté de Kamakura…
Le souffle du vent me revigore les neurones d’un cerveau cramé par trop de technologies radiantes… Comme si notre spectre breto-nippon, perdu en plein cimetière ciborg, régénérait doucement son apparence et ses sens.
Vibrations, ruissellement, cliquetis de ressorts remontés jusqu’au claquement cinglant contre une peau de métal, vacillement de scies musicales… Bienvenue dans un monde paranormal… En pleine nature, non loin des temples bouddhistes que nous zapperons cette fois-ci pour goûter plutôt aux délices imprévus de ces harmonies instrumentales…
Laissez-vous portez par ces résonnances, oubliez donc le temps, la densité urbaine… Fermez les yeux, plongez dans l’espace à perte de vue, tandis que votre tête flotte dans du coton
Bref, tout çà pour dire que, quand les Japonais semblent voués à une surpopulation étouffante, ils savent toujours trouver une ressource là où les occidentaux ne prendraient sans doute pas le temps de s’attarder…
Ingénieux, inventif, pragmatique… Ici, la vidéo d’un instant TV nocturne où un architecte présente ses maisons construites par dessus d’autres…
Ils sont forts ces nippons… d’autant plus qu’elles sont soit disant prévues pour résister aux tremblements de terre si fréquents. A noter, cette fois-ci que nous n’y avons pas encore goûtés. Or plus çà fait un bout de temps, plus c’en est inquiétant…
Me voilà donc reparti… Et non, l’aventure ne s’arrête pas ici… bien au contraire… j’ai du tomber dans un ruisseau avec une grosse rivière derrière. L’atterrissage en France comme une crêpe bretonne la semaine dernière, n’a semble-t-il pas arrêté le spectre nippon de roder dans ma rétine… Ayant récolté sur place suffisamment de substances technoïdes et culturelles, j’ai de quoi nourrir le fleuve au moins jusqu’à l’année prochaine.